Severino Varela, le Bérêt Fantôme

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Severino Varela, le Bérêt Fantôme

Le « Superclásico » de Buenos Aires est probablement le plus grand derby du monde. Entre les 2 équipes de football les plus populaires d'Argentine, Boca Juniors et River Plate, c'est le moment de toutes les passions et exubérances. Si le premier match qui les a opposés a eu lieu dans le calme en 1913, la rivalité féroce qui existe aujourd'hui entre ces 2 clubs à la sociologie différente prend ses sources à l'aube du professionnalisme et à la création du championnat argentin, lors du Boca-River de 1931 qui s'est conclu avant son terme par un pugilat général. Les joueurs qui ont ensuite brillé dans ces matchs à part sont considérés comme des héros. Avec ses 5 buts inscrits en 6 derbies, Severino Varela en est un.

Après un début de carrière au River Plate de Montevideo, sa ville de naissance, et un passage à Peñarol, Varela rejoint le CA Boca Juniors en 1942. Avec la Celeste il a remporté au début de l'année la Copa America organisée à domicile. En plus d'être un excellent buteur, Varela se distingue lors des matchs par le port d'un bérêt blanc dont l'origine un peu floue serait un contrat publicitaire plus ou moins officiel. Ceci ne l'empêche pas d'être prolifique de la tête, au contraire. Lors de ses 3 saisons sous le maillot xeineze, il score 16 buts de la tête sur un total de 43, les autres étant 14 pénalties et 13 coups francs !

boca juniors river plate 1943 severino varela

C'est un de ces coups de bérêt qui le rend célèbre le 29 septembre 1943. Après avoir marqué pour son premier Superclásico au Monumental lors du match aller, sur un long coup franc du défenseur Carlos Sosa, Varela surprend les 2 arrières et le gardien de River en effectuant une tête plongeante qui expédie le ballon au fond des filets. La Bombonera est en transes. L'attaquant, également auteur des 2 buts de la victoire 2-1, reçoit dans la presse le surnom de « Boina Fantasma », le « Bérêt Fantôme ». Cette saison-là, Boca termine champion pour la onzième fois, devant leurs grands rivaux les « Millionnaires ». L'année suivante, le buteur urugayen récidive avec 2 nouvelles réalisations en Superclásico, un à domicile et un autre une nouvelle fois au Monumental pour une victoire synonyme de deuxième titre de champion en 2 saisons pour Boca. Moins efficace en 1945, et malgré un pont d'or offert par le club, il quitte les Jaunes et Bleu avec à jamais le statut d'idole.

severino varela el graficoSeverino Varela, idole des Xeinezes et cauchemard des fans de River Plate, en Une du mensuel sportif argentin El Gráfico.