Éloge de l'authenticité, la gloire posthume d'Elsie Connor

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Éloge de l'authenticité, la gloire posthume d'Elsie Connor

L'esthétique vintage a quelque chose de fascinant, quelque chose de frais, d'innocent et d'authentique à l'époque de l'abondance des contenus, du calibré, du tout retouché et du fake. C'est pourquoi la tendance du « rétro » ne s'essoufle pas depuis son avènement au début du nouveau millénaire. C'est l'été : honneur à la vie et aux dames sur le John Woodbridge Post.

Ce cliché old school en noir et blanc fait partie de ceux, exhumés à l'ère du web, qui sont devenus célèbres voir iconiques, copiés, respostés, utilisés éditorialement, dupliqués des centaines - quand ce n'est pas des milliers de fois - et qui se retrouvent hébergés sur les serveurs des 4 coins du monde virtuel qu'est l'Internet. Présenté comme la photographie d'une championne de boxe irlandaise des années 1930, il montre une jolie jeune femme blonde à la coupe charleston bouclée, en gants de boxe et dans une tenue de sport quelque peu transparente qui dévoile à moitié sa poitrine, levant les bras comme un signe de victoire sur un ring de boxe. Une image que les mouvements féministes contemporains pourraient allégrement s'approprier pour symboliser la femme moderne, libre, forte et triomphante.

elsie connor

En réalité, il est fort probable que la séduisante jeune femme n'ait jamais boxé de sa vie. Son nom est Elsie Connor. Elle était une chanteuse de chorale et danseuse de comédie musicale à Broadway qui a fait notamment des apparitions dans Here's Howe en 1928, Fioretta et Earl Carroll’s Vanities en 1929 et Earl Carroll Sketchbook en 1930. Toujours des seconds rôles dans lesquels elle n'a jamais été une vedette, son seul et éphémère moment de gloire étant, semble-t-il, d'avoir été un jour élue pendant cette période « healthiest Chorus girl » lors des « Broadway's Healthiest Show Girl », « chanteuse de chorale la plus en bonne santé » de la scène new-yorkaise du music-hall.

Les années 2000 lui auront permis d'accéder à la célébrité à titre posthume, et rendu l'hommage qu'elle méritait sans doute pour cette beauté naturelle, cette fraîcheur et cette pose presque centenaire qui incarne de nos jours tellement de modernité.